Les traitements électrochimiques du béton armé 
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Un traitement électrochimique du béton armé vise à ralentir ou arrêter la corrosion des armatures, en agissant sur l'interface entre acier et béton. Son principe est le suivant.

Une armature qui est dans le béton, est connectée à un ensemble dit anode, constitué d'une " plaque " métallique, enrobée d'une pâte humide ou d'un mortier. Un courant électrique continu est appliqué entre l'armature et l'anode. Ce courant circule dans le béton, de l'anode vers l'armature.

Dans les procédés classiques, le courant est dû à une source, telle qu'un redresseur ou un générateur. Dans ce cas, l'anode est reliée à la borne positive du générateur. Dans le procédé dit à anode galvanique, cette anode n'est pas en acier, mais en un autre matériau métallique. Cette différence de nature peut engendrer un courant électrique, si ces matériaux sont reliés entre eux, à la fois par une connexion par fil et par un milieu humide qui est ici constitué par l'enrobage d'anode et le béton.

Le courant électrique qui circule dans le béton, peut modifier sa composition chimique, surtout au voisinage de l'armature. Ces modifications redonnent au béton, entre autres, ses propriétés protectrices vis-à-vis des armatures.



Traitement électrochimique sous " courant imposé ".
L’anode est dans un mortier ou une pâte.

Traitement électrochimique avec une anode " galvanique ".
L'anode est fixé à la surface du béton ou inséré dans celui-ci
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Protection cathodique : Si le courant entre l'armature et l'anode est faible, de l'ordre de 0,01 A/m² (surface d'armature), ainsi seule l'interface directe entre l'acier et le béton est concernée. Il s'agit d'une protection cathodique qui est appliquée en permanence pour que l'effet persiste. L'anode est souvent enrobée de mortier. Ce traitement est détaillé et spécifié dans la norme européenne NF EN 12 696.


Alimentation d"une protection cathodique d'armatures dans un pont.

Ré-alcalinisation : Si le courant est de l'ordre de 0,5 A/m². Dans ce cas si le béton est préalablement carbonaté (son pH est d'environ 9 ), le traitement peut redonner à ce béton son pH d'origine (de l’ordre de 13) dans un anneau au contact de l’acier. Cet effet persiste après coupure du courant et ultérieurement, si l'anneau à fort pH est assez épais. L'anode et son enrobage sont enlevés après le traitement qui dure de quelques jours à quelques semaines.

Ce traitement est détaillé et spécifié dans le document technique CEN/TS 14038-1



Traitement de ré-alcalinisation de l'enrobage autour d'une armature.
La pâte autour de l’anode est saturée d’un liquide basique qui pénètre dans le béton.


Enrobage d’une anode pour traitement de ré-alcalinisation sous courant imposé.


Enrobage d’une anode pour traitement de ré-alcalinisation à l’aide d’anode galvanique.

Extraction des chlorures : Si le courant est de l'ordre de 1 A/m² , c'est le béton compris entre l'armature et le parement qui est concerné. Si le béton est préalablement pollué par des chlorures venant de l'extérieur, le traitement peut drainer ces chlorures vers l'extérieur. L'effet d’extraction des chlorures persiste après coupure du courant. Ainsi, l'anode et son enrobage sont enlevés après le traitement qui dure quelques semaines. La teneur en chlorures dans le béton au contact des aciers doit être faible. Ce traitement est détaillé et spécifié dans le document technique CEN/TS 14038-2




Extraction des chlorures par un traitement électrochimique

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